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Frédéric VIDALENS

 

BOULE BLEUE ET LIVRE SUR SERVIETTES 65x50cm

COMPAS BOULE BLANCHE SUR LIVRES 73x100cm

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Notes Biographiques

Risquons un œil dans l'atelier. Huitième étage, ciel, toits, terrasses plantées d'arbres déraisonnables, angles inattendus sur un coin de Paris que ne hantent pas les artistes. Il ne s'agit pas de surprendre des secrets ni de voir l'envers de l'échafaudage. Le dessin, la technique de Vidalens sont étonnants de simplicité et de rigueur : de quoi décourager les "comment ?". J'espère seulement, là-haut, comprendre quelle réaction chimique, ou phénomène optique, subit la lumière ordinaire pour devenir, dans les toiles de Vidalens, un élément presque palpable de leur séduction. La lumière est captée, avalée, digérée par la peinture, elle s'y intègre, elle en irradie. Commencement de réponse : sur un plateau d'un petit mètre de côté sont rangés les principaux accessoires qui, disposés selon une volonté précise, deviennent - interchangeables, reconnaissables — les composantes de presque toutes les toiles. Mais ces objets, là où ils sont, paraissent en pénitence, privés de lumière : ils y baignent mais ne la conquièrent pas. C'est sur la toile, ec là seulement, qu'ils restitueront cette luminosité que l'artiste leur aura incorporée, comparable à celle, parfois, de la haute montagne, dans cet instant où le paysage émerge du nuage derrière lequel triomphe déjà le soleil : sans lui, pas de miracle, mais sans le peintre non plus. Ô Vidalens, "toi sans qui les choses ne seraient que ce qu'elles sont !". (Et puisque ce mot surgit, penser, pour lui donner du prestige, à évoquer Francis Ponge : "Le parti pris des choses" - mais bien sûr d'autres y ont pensé avant moi). Les choses, en tout cas, pour l'instant, sont réduites à leur définition usuelle et à leur humble usage. Voici leur énurnération : pots de grès, assiettes, soucoupes. Verres, carafes, bouteilles. Livres, cahiers, rouleaux de papier, crayons. Bilboquets (sans ficelle), pelotes de ficelle, bobines de fil. Violons, machines à coudre et vélos (devenus rares). Petits mannequins articulés comme en utilisaient les peintres d'autrefois pour tenir Heu de modèles. Pommes, billes, boules, fruits divers. Œufs. Nappes, serviettes, torchons, en plis ou chiffonnés. Quilles. Ah, j'oubliais : escargots, coquillages, compas, pyramides, toupies, artichauts, formes pour chapeliers. (Je soupçonne le peintre de se réciter à mi-voix, en peignant, cette litanie, ce poème.) Ne sont évidemment pas évoqués ici quelques palais, rotondes, entrepôts, usines à gaz, cuves géantes, dont il est arrivé que Vidalens se servît (mais peut-être la référence à Giorgio De Chirico était-elle trop évidente ?).

Trompe-l'ceil ? L'extrême méticulosité du trait, la justesse absolue des ombres portées, le refus des facilités du contour, celui-ci étant réduit à une caressante rencontre de valeurs : tout était en place pour qu'ici pointât son nez, confuse commodité, la référence au trompe-l'œil. C'était oublier que le peintre de trompe-l'œil ne fait pas concurrence à la photographie, mais aux autres peintres de trompe-l'œil : recherche de la prouesse de plus en plus étourdissante. Or, s'il utilise bien des procédés d'illusion, Vidalens ne cherche pas à donner l'illusion de la réalité, mais d'un état intermédiaire entre songe et réalité, vie réelle et vie rêvée. Il dispose même d'un procédé qui crée l'illusion de l'irréalité : dans une composition rigoureusement soumise aux lois de la perspective (même si celle-ci est modifiée, aplatie, presque neutralisée, parfois, par le choix d'un point de vue en plongée), le peintre laisse volontairement, ici ou là, flotter, comme en lévitation, un objet (boule, livre, assiette) dont on cherche en vain l'assise, c'est-à-dire l'ombre, là où elle devrait se trouver. Où est passé le principe de réalité ? Vidalens est un peintre en trouble-l'œil. Il ne trompe personne, il glisse en nous un doute. Un ovni plane au-dessus de l'immobilité de la "vie tranquille" - ce qui est mieux dire que "nature morte" pour évoquer ces peintures où justement tremble l'inquiétude de la vraie vie.

Mots qui viennent naturellement à la plume, à la mienne en tout cas, quand on s'efforce de cerner l'art de Vidalens : hyperréalisme, onirisme, camaïeu. On peut imaginer une recherche vertigineuse de la réalité passée à la lessive du camaïeu ; une réalité qui aurait déteint, se serait embrumée, "enrêvée", gommée. Mais on a dit qu'elle contenait de la lumière, cette grisaille... Alors ? Les grisailles et brunailles du passé restaient éteintes. Au contraire, cette déclinaison de pâleurs que nous propose Vidalens, cette façon d'opposer-et-marier, de proche en proche, des couleurs cousines, ces passages insensibles de nuances, cette façon, aussi, d'étouffer l'explosion quand le peintre met en contact deux gris, deux beiges, deux jaunes, deux blancs si proches qu'une déflagration pourrait s'ensuivre, tout cela éclate, mais de silence lumineux. Paix assurée. L'art de Vidalens consiste à différencier les semblables en les rapprochant. Nous voilà au cœur de son système (de son secret ?) et bien embarrassés pour le mettre en mots.

L'art de Vidalens ne l'isole jamais ; il crée au contraire les conditions d'une intimité. S'il y a une tour (couleur) d'ivoire, on s'y enferme pour des confidences — en écouter, en faire. C'est une évidence que m'a suggérée l'atelier. Un atelier est souvent un fourré-tout, un bureau des objets trouvés, épaves, bois flottés ramassés aux rivages de la vie quotidienne. Le guidon de bicyclette y attend de devenir cornes de chèvre. Chez les plus mégalomanes : désordre sublime et organisé. Chez Vidalens, l'ordre. Nulle odeur d'essence ni de vernis, pas un tube de couleur, pas une brosse, pas un chiffon. Une discrétion sans défaut et une aération fréquente semblent avoir écarté toute allusion aux servitudes du travail. Une cinquantaine de toiles sont rangées, de champ, refusées à la curiosité. Je reviens sur cette absence, si sensible, des parfums de la peinture. Si l'on ne tient pas compte des odeurs parasites installées à demeure dans les églises — humidité, cire chaude, encens — je trouve quelque chose de religieux, de recueilli, d'intériorisé, à la qualité d'air qui se respire chez Vidalens. Dès lors, bien sûr, les comparaisons affluent : exercices spirituels, retraite, prière. Vidalens en moine enlumineur développant, des décennies durant, une œuvre austère et douce, modeste et aiguë. Ad Majorem Dei Gloriam : la formule - non : la dédicace qu'inscrivirent tant de collégiens catholiques en tête de leurs devoirs, donnerait sens à une ascèse qui, pour n'être pas ostentatoire, n'en est pas moins explicite. Sans nous laisser prendre au piège d'une évocation/comparaison évidente avec Giorgio Morandi, comment ne pas l'esquisser ici ? Une longue génération avant Vidalens, Morandi (1890-1964), échappé à l'aventure futuriste, s'arrachant au compagnonnage des "peintres métaphysiciens", se retire et s'enferme peu à peu dans la répétition toujours plus épurée de natures mortes auxquelles il se limitera désormais. La gamme des objets peints se restreint jusqu'à ne plus compter que cruches, pots, flacons, verres, quelques fleurs. Aux fleurs près, c'est la même évolution que vivra Vidalens, sorti, lui, de la réflexion et de la rêverie mathématiques.

Le peintre fait remarquer que certains de ses camaïeux tirent vers le froid, d'autres vers le chaud. Nuances, bien sûr, mais qui font rêver à un Nord et à un Sud de cet "arrière-pays" où se développe l'art de Vidalens, à un crépuscule du soir et à un crépuscule du matin (doigts rosés de l'aurore, etc.), ou encore à ces lumières mystérieuses : nuits blanches de la Baltique, précisions estompées d'un clair de lune. Clair de lune ? Je préférerais le nommer, comme fit Romain Gary, "clair de terre", tant il est vrai que septentrionale ou méridionale, froide ou chaude, la palette de Vidalens contient uniquement des "couleurs de terre". On devine les connotations : sable, ocre, terre de Sienne, et par une proximité toute naturelle des couleurs de bois, des verts venus de la nature : rien, oui, que de naturel. Rappelez-vous le premier titre de Jean-Jacques Schuhl : Rosé poussière. Les couleurs de terre de Vidalens évoquent pour moi ce sacrilège et déroutant rapprochement de mots. Et là, arrêtons-nous au bord de l'inexprimable : comment des couleurs couleur de poussière, au lieu d'une dessication abstraite et minérale, produisent-elles cette opalescence, comme d'une lumière vue à travers l'albâtre qui, avant l'invention du vitrail, obturait les prises de jour d'une chapelle romane ? Renonçons à l'artifice réducteur des mots et savourons le mystère de cette absence où nous plonge toute visite à Vidalens. Une visite, un voyage, un dépaysement immobile.

François nourissier de l'académie Concourt

 

Propos sur l'œuvre

A mesure que je prenais connaissance de votre travail, une évidence s'imposait à moi : l'impossibilité de rien dire ni écrire sur ce que vous faites. Que faites-vous en effet ? Vous construisez un monde dont la principale fonction est de faire régner le silence. En vérité vos œuvres rayonnent de vertu apaisante. Ces objets modestes si dignement traités caressent l'œil et le cœur. Ils nous rassurent et nous font aimer notre environnement quotidien dans toute son humilité. Mais en même temps chacun semble répéter à sa manière ce proverbe berbère : « Si ce que tu as à dire n'est pas plus beau que le silence, alors tais-toi ! ».

Silencieusement vôtre.

Michel Tournier

Ce qui frappe d'abord, c'est le silence. Un long silence : de ceux qu'on entend. Et puis, c'est l'immobilité sage, mathématique, solennelle des objets. Vient enfin la couleur : des teintes douces, claires, comme un blanc qui se chercherait entre beige et ocre. Voilà. C'est le "parti-pris des choses", version Vidalens, peintre de l'observation sûre, poète d'un monde surpris dans son antique sagesse, peut-être philosophe dont l'œuvre, mystère, respire la modestie et la suprême ironie...

Jérôme Garcin

Le dessin est d'une précision confondante, le peintre sait admirablement utiliser la perspective, et toutes les perspectives possibles jusqu'à, parfois, les neutraliser. Parmi les artistes, à l'intérieur d'une même discipline, on peut toujours distinguer les poètes, les musiciens et les architectes. L'œuvre de Vidalens offre véritablement une synthèse, une fusion très harmonieuse de ces trois forces. Sa poésie tient à certain degré d'insolite, à un climat au bord de l'étrange, le musicien joue sur des ordres de silences, denses de grondements et de soupirs, mais c'est incontestablement un architecte qui règne sur ces toiles au pouvoir persuasif.

Roger Bouillot

Objets fort courants, impeccablement alignés, mais derrière lesquels il faut évidemment chercher autre chose : il serait en effet dommage de savoir aussi bien dessiner si l'on n'avait rien de spécial à dire : or, ce que dit Vidalens rejoint les sphères de l'ineffable. ' Seule une facture exemplaire de clarté et un sens presque agaçant de la géométrie, joints à une insolente limpidité chromatique, pouvaient aboutir à ce trouble fait de vérité crue, mais dont la froideur même incite à la méditation.

Denis Roger

Vidalens isole une fraction du temps et de l'espace. Il nous offre la vision picturale d'un moment privilégié.

André Parinaud

L'objet est devenu support de concentration et le volume déploie la lancinante magie — presque mathématique — de l'âme cachée des choses.

Rêva Remy

 

Ses assemblages ne sont pas seulement des situations plastiques baignant dans une lumière intemporelle, ils racontent une histoire ou une relation surobjectivée. Vidalens existe bel et bien avec une autorité singulière, et chacun de ses échafaudages ludiques occupe le souvenir.

Jean-Marc Campagne

Vidalens : des natures mortes où l'artiste exprime sa quête d'une nouvelle dimension spirituelle. A travers des objets familiers, isolés du banal et du quotidien, épurés au maximum, il nous offre sa vision du temps et de l'espace. Dans cet univers mystérieux, comme désincarné, transparaît l'âme cachée des choses.

Anette Bedel

Le peintre Vidalens a le culte de l'objet, sans autre référence que la sienne propre : et bien que ses objets soient fidèlement représentés, sa démarche est de leur donner une dimension imaginaire, à l'aide de toute une gamme de tons mordorés sur lesquels se faufile une lumière irréelle.

Monique Dittiere

Les rapports de formes et de couleurs, leurs harmonies presque mathématiques, naissent d'une grande sensibilité contemplative et d'une maestria technique.

Henri Adam

La stricte simplicité monacale donne un accent inaccoutumé à ces compositions claires...

Lucette Schouler

Vidalens expose un remarquable ensemble de peintures sur les thèmes qui lui sont familiers et qui lui permettent ces subtiles variations sur le blanc. Linge plié, livre, bilboquet, œuf, assiette et plat sont des épures qui ne gardent que l'essence abstraite des volumes dans un silence quasi mystique.

Lydia Harambourg

Tout est harmonie et raffinement dans l'art de Vidalens. L'on pénètre doucement dans cet univers apaisant à la figuration épurée au plus juste, où les objets s'architecturent dans un merveilleux équilibre de la composition. La sensibilité de l'artiste se devine à fleur de toile. La matière presque impalpable est présente, traitée en aplats très fins tandis que la gamme colorée, si restreinte, se développe en infinies modulations. Une œuvre authentique et rare.

Nicole Lamothe

 

Frédéric VIDALENS, né le 31 janvier 1925 à Brive

1944 - 1949 Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, Atelier Jean Dupas.

1947 - Voyage en Italie.

1948 - Voyage en Espagne.


 

Expositions particulières

1970 - Galerie Cardo, Paris.

1971 - Galerie Cardo, Paris.

1976 - Galerie Coard, Paris.

1977 - Galerie Vanuxem, Misère de Chavagnié.

1983 - Galerie Vanuxem, Paris.

1983 - F.I.A.C. Grand Palais, Paris.

1986 - Galerie Vanuxem, Paris.

1992 - Galerie Hénot, Enghien-les-Bains.

1995 - Galerie 26, Paris.

1996 - Galerie Mongautier, Poitiers.

2000 - Fondation Taylor, Paris.

2001 - Galerie Visconti, Paris.

Expositions de groupe

Nombreuses à Paris, en France et à l'Etranger, dont : 1973 et 1974 - Uppsala, Stockholm et principales

villes de Suède par Galerie Medborgarskolan. 1979 - Paris, "Claude Nicolas Ledoux et Paris",

Rotonde de la Villette. 1979 - 1982 - 1983 - Japon, principales villes,

par Galerie Art Yomiuri et Nippon Télévision Network

Corporation.

1982 - Paris, Biennale du 13e, Chapelle de la Salpêtrière. 1985 - Japon, Tokyo, sélection du Salon d'Automne.

1985 - Courbevoie, Musée Roybet-Fould, "Quinze peintres inspirés par la poupée".

1989 - B.I.A.F. La Forga, Barcelone.

1990 - Réfectoire des Jacobins, Toulouse.

1992 - "Le Printemps", Galerie Hénot, Enghien-les-Bains.

1994 - "Venise", Galerie Hénot, Enghien-les-Bains.

1995 - S.I.A.C., Strasbourg.

1998 - "Papiers confrontés", Galerie Vanuxem, Paris.

1999 - "25 ans de Collection", S.A.C.E.M.


 

Salons

Salon d'Automne, (sociétaire).

Salon Comparaisons.

Salon du Dessin et de la Peinture à l'Eau.

Société Nationale des Beaux-Arts (sociétaire).

Prix Farman, Prix Marthe Oran, Prix de la Presse Etrangère.

Salon E.N.S.I.C.A., Toulouse.

Orangerie de Versailles.

Travaux et Musées

1949 - Panneau décoratif pour l'école de garçons de Créteil. 1968 - 1970 - 1978 - 1979 - Œuvres acquises par l'Etat pour le

Fonds National d'Art Contemporain. 1970 - Œuvre acquise par la Ville de Paris. 1981 - Œuvre acquise par la Ville de Paris

pour le Musée Carnavalet. Bibliothèque Nationale

(lithographies et gravures à la manière noire).

Collections particulières

Paris, France, Belgique, Allemagne, Suisse, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Suède, Etats-Unis, Canada, Venezuela, Japon. Banque Paribas (3 œuvres), S.A.C.E.M.

Bibliographie

Le Tabor et le Sinaï (essais sur l'art contemporain). Michel Tournier, "Ed. Belfond", 1988.

 

 

 

 

  
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