Paul AMBILLE                                                             

 

Paul AMBILLE est né le 23 Décembre 1930 à Béziers.

Après des études à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts dans les ateliers Dupas, Legueult et Goerg, il obtint en 1955, le Premier Grand Prix de Rome de Peinture.

Il est actuellement Président d'Honneur de la Société des Artistes Français, Peintre Officiel de la Marine, Administrateur du Comité de Liaison des Salons et Syndicats d’Artistes auprès du Ministère des Affaires Culturelles, Membre de la Commission d’achats de l'Etat, Président de la Fondation Taylor, Vice-Président de Arts et Thérapie, Membre du Conseil National des Arts Plastiques, du Syndicat de la Critique Parisienne, du Comité et du Jury de la Société Internationale des Beaux-Arts.  Il est Sociétaire du Salon d’Automne, du Salon de la Jeune Peinture, des Peintres Témoins de Leur Temps.

            Titulaire d'une centaine de Grands Prix, et Médailles d'honneur et d'Or, il participe aux principales manifestations artistiques de France et de l'Etranger, notamment à la Biennale de Paris, à la Foire Internationale de New-York, à des présentations de l’art Français au Musée Pouchkine de Moscou, au Musée de l'Ermitage à Léningrad, au Palais des Beaux-Arts de Pékin.

            De nombreuses expositions personnelles lui ont été consacrées dans notre pays - en particulier aux Musées de Toulon, de Cluny, de Châlon-sur-Saône en Tunisie, en Hongrie, au Japon et aux Etats-Unis.  Certaines de ses oeuvres figurent aux Musées de Rouen, de Cherbourg, de Mulhouse, de Châlon-surSaône, de Mantes-la-Jolie, dans les collections de l'Etat et de la Ville de Paris, ainsi qu'au Musée de Téhéran, aux Musées de Yamagotata et de Kobé (Japon) et aux Musées de Dreux et de Fontainebleau.

Il est l'auteur de plusieurs fresques, décorations peintes, vitraux et céramiques pour les édifices publics à Versailles et Poissy (Yvelines), à Tiuccia (Corse), à Arette (Pyrénées Atlantiques), à Beauvais et à Senlis (Oise).

Ses toiles sont présentées en permanence

-      A la Galerie Taménaga à Tokyo

-      A la Galerie Ashia à Osaka

-      A la Galerie David B. Findlay à New-York

-      A la Galerie George à Londres

-      A la Galerie Breughel à Amsterdam

-      A la Galerie Valotton à Lausanne

-      A la Galerie Philipps à Palm Beach et à Houston

-       A la Galerie Robin-Léadouze à Paris et à Cannes

-            A la Galerie Hénot à Enghien les Bains.

 

AMBILLE

Janvier 1960, je découvrais un paysage signé AMBILLE sur les cimaises du Salon de la Jeune Peinture au Musée dArt Moderne de la Ville de Paris.  Né le 23 décembre 1930, il avait trente ans.

Sa toile était construite en plans maçonnés.  C'était l'esprit du temps.  Nicolas de STAËL est mort en 1955.  Le réalisme gruberien d'aprèsguerre, le misérabilisme étaient entrés, déjà, dans l'histoire.  En 1960, Paul AMBILLE faisait partie de cette moisson de jeunes peintres figuratifs en réaction contre l'abstraction lyrique née, selon Georges MATHIEU, en 1947.  AMBILLE retrouvait Paris.  Le Premier Grand Prix de Rome lui valut quatre années de travail à la Villa MEDICIS, où il fut pensionnaire dès 1955.  Un talent précoce, une technique apprise dans les ateliers de LEGUEULT et GOERG à l'Ecole des Beaux-Arts le font remarquer par les nombreux critiques dArt de l'époque.  Son respect pour l'art classique, son caractère combatif, son esprit étonnamment ouvert, réceptif à ce qui est grand, son goût de lArt sur l'amour du confort, font de lui de 1978 à 1981 le Président du "Salon".

Il faudrait être hagiographe bien cataloguer pour énumérer, dès 1955, les prix, les médailles, les honneurs qu'il reçut.

e ne pas bannir les Pompiers et il aime puiser, dans ses conversations, aux sources de CLAVE, BACON, REBEYROLLE, MUSIC, DEBRE, et le groupe COBRAChaque année, il expose, entre dans les collections françaises et étrangères.  Il est invité d'honneur, membre de Jurys, de la Commission des achats de l'Etat.  Attaché aux principes des Anciens, au classicisme, il cultive le paradoxe d.

Un fin limier de l'histoire de l’Art.

Mais il reste, lui de descendance navarro-aragonaise, relié à la culture française, celle de FOUQUET

 

AMBILLE aime défier les événements en invitant au Grand Palais, LORJOU, DEBRE, MAGRITTE et la "bande" des jeunes figuratifs des années cinquante.  Parfois, un beau tumulte... AMBILLE, comme la jeunesse, est un état d'esprit.

Régates, marines, cavaliers, structures architecturales urbaines deviennent par sa main lignes verticales, horizontales, diagonales.

Il tend à la recherche de synthèse simplificatrice en plans suggestifs.  Peu à peu, sa matière est devenue mate, limpide, baptismale.  Orchestres, matches de rugby, baigneuses, yachting, femmes au repos dans le jardin vous proposent l'évasion par la métamorphose, la pudeur des tons, les plus fines nuances de valeurs.

 

Dans ses marines, il nous livre de rares et sensibles palpitations de blancs liliacés, (sinon ses lactescences légendaires), de roses bengales opposés à un noir d'ébène : le marin près du foc d'artimon.

Un spinnaker peint par AMBILLE n'appartient plus à la marine mais à lArt.  Dans toutes ses toiles ou lithographies quel que soit le motif, dépouillé parfois à l'extrême, le dessin "devient" par le seul fait de dessiner d'abord.  Puis les pleins et les vides s'opposent.  Des plages de phosphore sont ponctuées par un noir calciné, une bleuité électrique, un vermillon impétueux.  Ou, inversement, les plages de noir, bleu, vermillon peuvent être ponctuées d'une note de phosphore.  Principe matissien.  C'est l'exercice d'une discipline permanente, d'une maîtrise inspirée.

Le jeu des masses peintes, consubstantielles, sert à l'édification esthétique de toute oeuvre D’AMBILLE.

Il libère, parfois, son énergie rythmique et sa charge pulsionnelle.  Les couleurs complémentaires tempérées par des gris et des demi-tons entrent dans son dessin.  En de grands plans syncopés où le "dit" jouxte le "non-dit".  Peut-être en souvenir des aspects séquentiels des personnages Gesticulant de BACON.  Mais, ici, avec une profonde réflexion, même dans le sous-entendu.

Un Hommage à BONNAT pose une interrogation, la BARRACA (aux confins de l'abstraction) pose au peintre la question de la synthèse du baroque.

En négociant les rythmes dépliés dans la satire allusive, AMBILLE a abandonné, provisoirement, les colonnes très antiques du FORUM et de la VILLA MEDICIS.  Même quand il ose peindre BEAUBOURG.

Car il aime donner l'estocade.  Avec faconde, humour, esprit critique et parfois persiflage.  Il aime quitter la lumière mentale de la forêt de Chantilly et inventer d'autres métaphores.  Il s'étonne d'une fête vénitienne, d'une odalisque.  Avec élégance et mesure par sa syntaxe exaltée "dessin-couleur".  Du Béarn il revient en Picardie.  Il décore l'église d’Arette, il découvre le kiosque ultramarin, évoque quelques thèmes, ceux qui laissent des traces au delà du regard.  Il invente un autre "Temps", dans ses toiles, pour votre émerveillement, même si c'est le "Temps des cerises" en cinabres impétueux.

Et parce que son humanisme, ses qualités d'imagination, ses connaissances de lArt sont immenses, parce qu'il a, au coeur, l'alphabet coloré du poète Federico Garcia Lorca, vous ne vous lasserez pas de vivre, par sa récréation, la beauté de la forme, la magie de sa palette, la pureté de son dessin, toutes choses que l'on peut appeler son classicisme éloquent.

Guy VIGNOHT Historien d’Art 

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